jeudi 23 avril 2009

le port du voile dans la police ?


Doit on accepter le port du voile dans la police ?

Cette question peut apparaître saugrenue, mais pourtant, certains de nos voisins européens ont déjà répondu oui.

Suivant l’exemple de la suède qui depuis le 1 mars 2006 a accepté que ses policiers musulmans portent un voile ou un couvre chef, au Royaume-Uni, plusieurs forces de police ont autorisé le voile islamique pour les policières. Les Norvégiens ont suivi. Ils viennent de décider de changer le règlement sur l’uniforme de la police « pour que la possibilité existe de porter un foulard religieux ».

La police de Leicester en début d’année, a décidé d’accepter le voile islamique dans ses rangs. Désormais, la policière portera le hidjab surmonté ou non du chapeau traditionnel.
Et comme les mauvaises idées ont le don de faire aussitôt des émules, la police de Thames Valley (une des plus importantes forces de police du pays), et la Metropolitan police (police responsable du Grand Londres), ont adoptées la même démarche.

La patronne de la police, Ingelin Killengreen, a estimé que « la nécessité de pouvoir recruter largement et de façonner une police qui reflète toutes les couches de la société (…) doit prévaloir sur l’exigence de neutralité de l’uniforme ».
Pour le député, John Feavyour, « il est très important) (…) que la force de police soit un reflet de la communauté ».

Dans les rangs de l’opposition (de droite), on entend un autre son de cloche. L’un de ses représentants, Per Willy Amundsen, a déclaré : « On a touché le fond. Encore une fois, on voit un exemple où la Norvège et la société norvégienne cèdent aux exigences particulières des musulmans ».

Les États-Unis semblent avoir fait un choix inverse. Récemment, une décision d’une Cour fédérale d’appel a confirmé l’interdiction du foulard islamique dans la police de Philadelphie. « Nous devons être attentifs à ce que l’uniforme soit neutre », a dit un représentant de la police.

A l’heure d’un grand débat européen sur l’entrée ou non de la Turquie dans l’UE, nous ne pouvons pas faire abstraction de la réflexion sur l’impact social des religions dans notre pays et au-delà dans l’union.

En France le principe de laïcité est l’un des fondements de notre République. La laïcité est un héritage direct de la Révolution de 1789, celle des droits de l’homme. Elle était dirigée à l’époque contre la religion catholique.

Qui aurait imaginé qu’une autre religion viendrait titiller le fondement même de nos institutions. Souvenons nous que la séparation de l’Église et de l’État, en 1905, ne s’est pas faite sans difficultés. Que ce principe a survécu plus d’un siècle sans être contesté, apparaissant comme un facteur d’équilibre dans une société moderne et démocratique.

Sa déclinaison aujourd’hui, si elle conduit au respect de chaque religion, interdit que le phénomène religieux vienne se substituer au lois et règlement de notre pays…

Alors qu’il était Premier ministre, Dominique de Villepin l’avait rappelé en publiant une charte de la laïcité des services publics . Il y est précisé que « le fait pour un agent public de manifester ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations ».
Cette règle doit être strictement appliquée, comme l’a rappelé le conseil d’État, dans le cadre du service public, les agents ne peuvent ni exprimer ni manifester leur foi. « Le principe de laïcité fait obstacle à ce qu’ils disposent, dans le cadre du service public, du droit de manifester leurs croyances religieuses».
il y a quelques jours, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté le recours d’une doctorante de l’Université Paul-Sabatier qui avait été licenciée pour faute grave après avoir refusé de retirer son voile malgré des avertissements répétés

Ces remparts judicaires permettront t-ils d’endiguer la montée des intégrismes religieux ? Nous l’espérons tous, mais je ne suis pas sur que ce soit suffisant

Même si la Convention européenne (art.9 §2) accorde une marge de manœuvre aux états pour restreindre la liberté de manifester sa religion, tout cela est bien fragile….

Il convient donc d’être particulièrement vigilant dans notre pays où la religion musulmane est la deuxième religion derrière la religon chrétienne.
Chacun doit se sentir concerné, par ce débat qui dépasse de loin le seul port du hijab ….Nous devons nous investir pour que n’aboutissent pas le demandes de certains qui sous prétexte de liberté, souhaitent imposer le poids d’un culte religieux.

La liberté c’est aussi celle de ne pas adhérer à quelque structure que ce soit, qu’elle soit politique sociale ou religieuse. Garantir cette liberté est la mission prioritaire de toute démocratie.


Source diverses dont : http://moreas.blog.lemonde.fr/a-propos/

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