
« Ce n’est pas aux désastres qui l’affligent que l’on reconnaît un grand peuple, mais à la façon dont il les surmonte »
Charles de gaulle
En cette fin de semaine riche en évènements, ma réflexion va tendre a comprendre ce qui se passe dans notre pays où j’ai l’impression que les dieux sont tombés sur la tête….
Les plus anciennes générations comprendront mon allusion en se souvenant de ce merveilleux film Réalisé par James Uys en Afrique du Sud et au Botswana, qui raconte la longue marche d'un Bushmen suite à la découverte d’une bouteille de coca tombée d'un avion.
Cet objet ayant causé de nombreux problèmes au sein de sa tribu, le Bushmen est chargé de s'en débarrasser au bout de la terre en vue de la rendre aux Dieux.
Ce film qui pose de manière très réaliste le problème du fossé existant entre la culture de ce bushmen et la culture du monde civilité, nous conduit aussi à nous demander si finalement ce ne sont pas ces bushmens qui sont les plus heureux alors que nous nous sommes inventés d’innombrables carcans nous éloignant chaque jour un peu plus de la notion de bonheur.
Notre société va mal, et la crise n’en est qu'un révélateur.
Il faut donc prendre la mesure du mal pour tenter d’en trouver les remèdes…Chacun d’entre nous doit prendre conscience de son rôle, majeur dans cet enjeu planétaire.
C’est cette prise de conscience qui fera que les solutions démagogiques et populistes soutenues par une gauche en déroute ne puissent pas recevoir d’échos dans la population qui refusera de sacrifier le long terme à une satisfaction éphémère à court terme.
Force est de constater que cette crise était annoncée et attendue. Il faut au plus vite en prendre sa pleine dimension, en prenant conscience que pendant quelques heures à l’automne 2008 nous avons frôlé la catastrophe, le drame énorme gigantesque qui était inéluctable sans l’intervention de nos états .
La réalité doit être dite et comprise : si le système financier s’était effondré ce terrible week-end d’octobre c’est l’économie de la planète qui risquait de basculer dans le chaos le plus total.
L’intervention de nos gouvernements en tête desquels s’est trouvée la France, a donc été vitale pour notre système.
Si l’on doit remercier le Président de la République d’avoir su prendre les mesures d’urgences au bon moment, on doit néanmoins être conscients qu’il ne s’agissait que de mesures salvatrices pour éviter l’écroulement immédiat du système, mais qu’elles ne peuvent pas régler définitivement le problème de fond.
Les événements du mois d’octobre ne sont en effet que le point de départ d’un long chemin qu’il nous faudra parcourir pour trouver des solutions à ce dérèglement mondial… après le coup de barre pour éviter l’iceberg , il faut maintenant poursuivre la route au travers de chemins truffés d’obstacles considérables…
Les premiers nous les trouvons à nos portes chez ces gens ordinaires qui du jour au lendemain, l’espoir perdu peuvent engendrer une mise à feu sociale qui conduirait aux pires extravagances, qu’il s’agisse des violences dans la rue, dans les cités, du développement des trafics en tous genre ou autres économies souterraines…
Ce schéma d’apocalypse n’est pas virtuel, il existe déjà dans les zones d’extrême pauvreté que nous connaissons tous mais qui, des favelas brésiliennes, à des pays entiers d’Afrique…sont bien éloignées de Paris Lyon ou Marseille… Une chose est néanmoins certaine : de cette situation il ne peut résulter que ruine et désolation
il y a un point de non retour où la machine infernale ne peut plus être stoppée, faisons en sorte de ne pas y arriver et nous en avons certainement les moyens.
Tout le monde s’accorde sur le fait que, la crise économique que nous subissions est la conséquence d’une accumulation d’une dette aberrante qui peut être comparée à une gigantesque poche de gaz explosif…. une véritable bombe à retardement.Cette dette colossale n’a pu se constituer que par la création de monnaie sans contrepartie, sans création de richesse correspondante.
C’est cet artifice qui a conduit à une situation inflationniste qui, on le sait lorsqu’elle s’installe conduit elle-même à une perte de confiance en la monnaie qui risque de se propager comme une traînée de poudre.
C’est là que nous trouvons en germe toute l’étendue du problème car si la confiance en la monnaie disparaît c’est le principe même des échanges entre agents économiques qui peut être remis en question et dans ce cas, chacun se replie sur lui même, les individus, les groupes sociaux, les nations, avec pour résultat presque assuré à plus ou moins long terme, la jalousie, la haine, et la guerre.
Nous avons tous notre part de responsabilité pour avoir tous contribués depuis des décennies à la situation actuelle et bien au-delà du seul monde de la haute finance.
Combien d’entre nous acceptaient sans se poser de question l’accueil bras ouvert de son banquier pas trop regardant sur les accidents du compte courant, sur le découvert au moment des vacances, de la rentrée scolaire ou des soldes…Telle était la réalité il y a seulement dix mois.
Aujourd’hui nous devons avoir conscience que tout cela n’est plus possible et qu’il s’agisse de l’état ou des individus, il n’est plus pensable de dépenser l’argent que l’on n’a pas.
L’ensemble des revendications soutenues par une gauche irresponsable qui viseraient à obtenir de nouvelles subventions ou primes d’état ne pourraient qu’aggraver la situation actuelle et nous conduire plus rapidement et plus sûrement vers le précipice.
Au lieu de prétendre à de nouveaux droits, à de nouvelles primes, au lieu de penser à créer de nouvelles dettes, c’est plutôt vers une de diminution de la dette publique et privée, et la création de véritables richesses par le travail qu’il faut se diriger
Soyons lucides, alors que tous les français ne cessent de se plaindre de leur conditions de vie, ont-ils conscience de leur bonheur et surtout du malheur de ceux qui les entourent qu’on leur présente tous les soirs au journal de 20 heures… qu’il s’agisse de ce SDF qui vient de mourir de froid aux portes de Paris, de ces files qui ne cessent de s’allonger devant les restaurants du cœur ou des ces milliers de « déplacés » au Darfour ou en république démocratique du Congo..
Ce refus d’apprécier cette réalité, cet entêtement à des aspirations que nous ne pouvons pas nous payer voilà la vraie cause de la crise.
Il faut donc en finir et réduire tous les déficits, et pas seulement chez les autres.Le temps de la réflexion est bien fini, il n’y a pas d’autre choix que l’action, il faut diminuer le nombre des fonctionnaires, réduire le remboursement des médicaments, limiter les budgets de la culture de l’armée etc.…c’est ce que fait notre gouvernement.
Pourtant, chaque fois, et dans tous les secteurs, que sont proposées ces mesures de bon sens, la colère gronde et le pouvoir est fragilisé. Le gouvernement de François Fillon n’échappe pas à cette logique, mais plutôt que de retirer au fur et à mesure les projets impopulaires, sous l’impulsion du chef de l’état, dont la détermination est inébranlable, il persiste dans la mise en place des réformes qui vont toutes dans ce sens, il a raison et il y a urgence.
il faut agir et agir au plus vite et s’il faut dépenser beaucoup d’argent, ce n’est pas pour augmenter la consommation mais pour sauver des gens, sauver des villes des régions, des pays entiers car toute la planète est frappée de plein fouet, les riches, les pauvres tout le monde…Si la récession signifie la fin des vacances au ski, ou l’effondrement de l’économie du tourisme, c’est grave bien sur mais ce n’est rien comparé à ce qui nous guette, aux souffrances infligées à des êtres humains qui demain pourraient ne plus manger à leur faim, ne plus se soigner, et mourir dans des proportions effrayantes…
Une vraie politique générale de sauvegarde et de secours doit donc être mise en œuvre et la thérapie sera douloureuse. Elle passe aussi par un partage des véritables richesses à l’échelle planétaire, les personnes ayant un revenu vont devoir partager avec celles qui n’en ont pas qui ne pourront plus prétendre à des crédits fictifs… (prêts ou subventions…)
Le sauvetage ne passe certainement pas par une politique encourageant la consommation qui ne ferait qu’accentuer le mouvement artificiel inflationniste.
Nous ne pouvons pas attendre que le cataclysme soit en marche pour réagir, faisons mentir l’histoire récente de notre pays qui voudrait que ce n’est que confrontés à la difficulté que les peuples réagissent. Refusons d’admettre que nous appartenons à une population autiste concentrée sur son bonheur immédiat qui ne pourrait pas croire qu’il peut cesser d’un seul coup du jour au lendemain…
Soyons conscients et responsables, pour nous et pour nos enfants à qui nous n’avons pas le droit de céder un monde mis à feu et à sang par nos inconstances…
Remerciements à Philippe Dessertine professeur à l’université de Nanterre qui au travers de son ouvrage « ceci n’est pas une crise… » Éd Anne carrière paris 2009 que nous vous conseillons vivement, a largement inspiré cette réflexion.